2010/11/08

Jour 5 : vie communautaire à la messe de l'Église du Sacré-Coeur et 2e visite à l'École Mark-Bourque

Une jolie petite paroissienne traverse les ruines de l'Église du Sacré-Coeur
Photo Jean-Pierre Danvoye (tous droits réservés)

L'espoir renaît sur les ruines sous la forme d'une superbe fleur d'Hibiscus
Photo Caroline Poulin (tous droits réservés)

Photo Caroline Poulin (tous droits réservés)


Photo Caroline Poulin (tous droits réservés)


Photo Jean-Pierre Danvoye (tous droits réservés)

Dimanche 6 novembre, nous avons eu le privilège d'aller à la messe donnée à l'Église Sacré-Coeur, dans le quartier Turgeau.


Pour commencer la journée, nos hôtes Wilsa et Nathalie nous ont fait goûter au met dominical traditionnel, préparé avec amour : la soupe giraumon. Un vrai délice !

Puis, nous avons eu l'occasion d'assister (et de participer !) à la messe à l'Église Sacré-Coeur, ou plutôt ce qu'il en reste, c'est-à-dire absolument des ruines : la célébration se déroule en fait sous la tente Sacré-Coeur, au beau milieu des restes de l'édifice. Voir des images de l'église avant le séisme ici et


Quel contraste de voir les Haïtiens en costume du dimanche, levant le pied pour franchir les obstacles des amas de débris, pierres, morceaux de vitraux, etc. Environ douze ministres de la communion, qui étaient en réunion quand le tremblement de terre s'est fait ressentir, ont péri ici le 12 janvier. Robert Lessard avait composé un poème (intitulé Hispaniola, Ayiti, Haïti), écrit trois semaines après le séisme, que nous avons lu devant une assemblée aussi émue que nous. L'amour, la paix et la solidarité étaient palpables.


Ensuite, nous nous sommes dirigés vers l'École Mark-Bourque, pour notre deuxième visite de la semaine à cet établissement que nous parrainons. Nous y avons installé une clinique et notre équipe médicale, composée de Caroline Poulin (ex-inhalothérapeute), de l'infirmière Nathalie Cliche, assistées de Katia ont dispensé des soins à une centaine d'enfants. Les soins données sont des traitements de base, qui s'apparentent à la médecine de brousse mais soulagent grandement les enfants : toux, pansement de plaies, traitement de parasites, etc. Des jeux éducatifs ont été distribués aux élèves, avec atelier de pâte à modeler à l'appui puisque les enfants n'avaient aucune idée de la façon d'en faire. En après-midi, l'équipe est redescendue de la montagne qui abrite l'école, croisant caféiers, flamboyants et papyrus. Le retour fût assez périlleux, encore uns fois sous la pluie et sur un terrain très glissant. Nathalie Cliche a improvisé une clinique de brousse en chemin, rencontrant quelques personnes malades au bord du sentier.

Demain, une partie du groupe se dirigera vers le pic La Selle, sommet du pays, pour en faire une ascension symbolique en l'honneur de l'Expé-mission.

Texte : Florence Bourg
Photos : Jean-Pierre Danvoye et Caroline Poulin

2010/11/07

Jour 4 — Hôpital général de Port-au-Prince, Orphelinat du père Lespinasse et Camp Gymnasium-Vincent

Visite de l'Hôpital général de Port-au-Prince, de l'Orphelinat du père
Lespinasse et du Camp Gymnasium-Vincent
journée chargée et éprouvante

Dans l'autobus, Robert Lessard (photo) nous fait un debriefing avant chaque visite de site.

Hôpital général de Port-au-Prince
Nous sommes allés en matinée visiter l'Hôpital général de Port-au-Prince, en majorité détruit par le séisme du 12 janvier. Nous avons visité les services de pédiatrie et les urgences. Notre équipe médicale, composée de la médecin Clertida Lamothe-Cassamajor, de Caroline Poulin (ex-inhalothérapeute), de la représentante pharmaceutique Manon Poitras et de l'infirmière Nathalie Cliche, ont fait l'état des lieux et l'inventaire des besoins avec les médecins. Elles ont été témoin de nombreux cas de déshydratation, malnutrition, fièvre, problèmes rénaux non traités, tumeurs, etc.

La situation est désolante : une partie de l'hôpital, détruite lors du séisme, a été relocalisée dans des cabanes en bois mal ventilées et surchauffées. Il n'y a pas d'infirmière pour s'occuper de changer les poches de soluté, celles-ci se vident et les tubulures finissent par se remplir de sang. Du côté de la maternité, l'hôpital n'a rien à voir avec nos hôpitaux québécois. Les salles et couloirs ne sont pas propres, poussiéreux, fissurés et mal équipés. Il y a peu de personnel compétent, témoigne Caroline Poulin, et l'hygiène de base est peu respectée : le personnel médical ne porte ni masque ni gant, sauf pour les prématurés.

Ensuite, nous nous sommes rendus au 2e Orphelinat du père Lespinasse, dans le secteur Turgeau. Cet orphelinat est dirigé par Rolande Lafontain. C'est sa mère, une octogénaire pleine d'énergie, qui nous a reçus et raconté en détails la façon dont elle a vécu le séisme et comment le père Lespinasse a finalement été retrouvé sous les décombres d'un autre bâtiment. Cette fois, nous y avons
rencontré les enfants plus âgés : de 8 à 18 ans. Ils ont été comblés par les vêtements, ballons, souliers et tenues de soccer, sandales, jeux éducatifs et livres que nous leur avons apportés au nom de tous nos donateurs.

Robert et Clertida nous ont ensuite fait la surprise de nous organiser une halte dans un petit kiosque pour un goûter typique à base d'accras de boeuf et de morue. Beau petit moment de décompression ! Robert et Patricia ont même esquissé quelques pas de zouk dans la rue : la chanson de Kassav, "Zouk la sé sèl médikaman nou ni" (le zouk, c'est le médicament qu'il nous faut), n'a jamais été autant d'actualité.


Camp Gymnasium- Vincent dans le quartier Bas-peu-de-chose
Eh oui, vous avez bien lu : il ne s'agit pas de Pas-peu-de-chose!C'est notre amie Jessica qui nous l'a confirmé. Grâce à Robert Lessard, qui l'a prise sous son aile, cette pétillante Haïtienne prépare maintenant sa médecine, sur les traces de Clertida.

Nous sommes arrivés en début d'après-midi dans ce camp nommé Gymnasium, car situé vis-à-vis du Gymnasium Vincent. Entassées les unes sur les autres, plus de 40 familles y résident (le responsable du camp, apparemment dépassé, n'en connaît pas le chiffre exact). Clertida, assistée de Nathalie, Manon et Caroline, y ont soigné particulièrement femmes et enfants. Elles ont dispensé des traitements de grippe, vaginite, ulcères gastriques, vermifuges, beaucoup d'anémies, surtout chez les femmes. Elles ont également donné des suppléments vitaminiques et alimentaires. Pendant ce temps, nous avons fait la distribution de jouets, jeux éducatifs et ballons de soccer. Nous y passeront trois heures, le temps de donner les soins et médicaments à tous.

Pour la première fois, notre équipe a senti une pression importante lors de la distribution des biens, qui a failli mal tourner. Les familles ont com
mencé à se bousculer pour arriver en premier, le tout dans une chaleur éprouvante. Mais, grâce aux conseils et à l'intervention d'une mère de famille du camp, Martine, une femme admirable, tout s'est finalement déroulé dans l'ordre. Nous étions loin de nous douter que les ballons de soccer auraient un tel succès : ils ont fait le bonheur de dizaines d'enfants (et d'adultes), qui ont été jouer immédiatement après dans le gymnase couvert (enfin en partie, car les infiltrations d'eau y sont nombreuses).

Photo F. Bourg / Camp Gymnasium : système-D pour faire sécher le linge

Le groupe est passé faire des courses au supermarché : cela a été un face-à-face avec les étiquettes de prix, témoignant que le coût de la vie est très élevé ici, même pour les plus démunis. Puis, retour aux maisons de Delmas et de Belvil pour un souper communautaire.

Quelques mets haïtiens que nous avons goûté depuis notre arrivée :
bananes séchées vendues dans la rue,
soupe giraumon, croquettes d'arbre véritable, griot de porc, tassot de boeuf, riz aux fèves rouges. Ce sont des plats maison : merci à nos hôtes !!!

Parmi les différentes sortes de bananes en Haïti : banane plantain ou figue-banane, figue Ti-Malice, Banane grosse botte, banane pugnac (photo)
banane musquée (photo)

texte et photos : Florence Bourg

L'Expé-mission en photos par Jean-Pierre Danvoye

Jacques à l'Orphelinat du père Lespinasse


Le petit Enrico avec Alex


Distribution de livres et de matériel scolaire à l'École Mark-Bourque

Serge Côté en animateur pour enfants : chants et danse au programme!


La plupart des enfants ne se sont jamais vus en photo, ils raffolent de voir leur image sur le petit écran numérique...

Orphelinat du père Lespinasse

2010/11/05

Jour 3 : visite des orphelinats du père Lespinasse et de celui de Jacqueline Lessard, Espoir d'enfants

Notre journée en images...

En route vers les orphelinats après avoir été confinés dans nos maisons.

Les effets de la tempête tropicale Tomas : rues inondées et crue des eaux. Nous n'en avons pas souffert dans notre secteur, les vents et la pluie n'étaient pas si intenses et nous avons même pu sortir de nos maisons vendredi après-midi.

Camp de déplacés en direction de Croix-des-Bouquets.

Visite de deux orphelinats, tous deux situés à Croix-des-Bouquets, près de Port-au-Prince en Haïti :
L'Orphelinat du père Lespinasse

L'orphelinat Espoir d'enfants, fondé par Jacqueline Lessard et dirigé par Étienne Bruny : une grande complicité.

L'une des salles de classe

Pas facile de croquer sur le vif notre photographe officiel ! Jean-Pierre Danvoye, son petit protégé du moment et Jacqueline Lessard.



C'était jour d'anniversaire aujourd'hui !



















Dix ans pour ce grand garçon entouré de ses amis.

texte et photos : Florence Bourg

2010/11/04

Jour 2 : Etat des lieux et visite de l'Ecole Mark Bourque



Bonjour a tous!

Ce deuxieme jour en Haiti a ete marque par de grandes emotions. Nous avons ete temoins de scenes frappantes avec les rues jonchees de debris, des ouvriers tentant de les ramasser a la pelle et parfois pieds nus. Notre minibus avait du mal a se frayer un chemin dans les rues rendues plus etroites a cause des amas de debris, voitures retournees, beton et pierres qui parsement la route.

Les Haitiens tentent de survivre en vendant ce qu'ils peuvent dans la rue, et l'on retrouve toute la panoplie de metiers traditionnels : cordonnier, vendeur de canne a sucre, de fruits et legumes, etc. Des edifices qui devaient etre splendides avant le seisme, comme le Palais presidentiel, sont entierement detruits. Robert Lessard, membre de l'Expe-mission, a decouvert petit a petit des endroits qu'il avait connus avant et il etait incapable de reconnaitre certaines rues.



Comme prevu, nous sommes alles rendre visite aux enfants et enseignants de l'Ecole Mark Bourque. Quelle fete ils nous avaient prepare! Les fonds qui leur avaient deja ete remis a l'avance ont servi a refaire les murs interieurs de l'ecole, les peindre et a acheter des bureaux ainsi que des uniformes pour la centaine d'eleves. L'ascension jusqu'a l'ecole fut eprouvante due a la roche extremement glissante sur un sentier tres peu pratique. Nous croisions des villageois au passage qui se sont rassembles vers l'ecole pour assister a ce rendez-vous quebeco-haitien. A notre arrivee, apres une marche de 45 mn sous une chaleur humide accablante, nous avons ete accueillis par la musique et les larges sourires des enfants. Ils nous ont concocte une seance qui a mis en valeur les talents de chacun : chants, danse, theatre et poesie. Nous en avons ete emus jusqu'aux larmes. La visite a due etre ecourtee en raison de l'annonce de l'approche de l'ouragan Thomas.
Il nous a fallu redescendre tres rapidement car le pays est sous alerte rouge, de fortes pluies sont annoncees et la descente va etre encore plus perilleuse. Des policiers haitiens nous ont gentiment escortes jusqu'a nos maisons, toujours dans la cohue du traffic la plus totale. Nous nous sentons en securite ici et les Haitiens sont enchantes de nous entendre les saluer avec les 2-3 mots de creole que nous avons appris!
Koman ou ye?

Anfom, mwen pa pi mal

Demain, vendredi, nos plans ont du changer et toutes nos activites sont annulees en raison de l'alerte generale meteorologique qui va nous confiner dans nos maisons. Rassurez-vous, nous nous sentons en securite dans nos maisons qui ont toutes deux resiste au seisme... Bonswa et a demain! Envoyez-nous des petits mots ca fera plaisir a toute l'equipe!
Notre maison a Delmas
texte et photos : FB

2010/11/03

Arrives a bon port !

Ou pa bezwen inkyete : tout va bien, le groupe d'Expe-mission Haiti est arrive a bon Port... a 12 h 23, accueilli par les ''troubadou'' (musiciens) a l'aeroport Toussaint Louverture, sous le soleil et la chaleur humide caracteristiques de ce coin de pays. Grace a la collaboration exceptionnelle d'Air Transat, nous avons pu apporter les 1 500 kg de biens qui nous accompagnent. Tout s'est deroule sans aucun heurt, nous avons recupere nos 46 bagages au beau milieu du charivari de cet aeroport qui a ete construit juste apres le seisme du 12 janvier.

Nous avons ete accueillis a bras ouverts dans nos maisons de Belvil et Delmas. En chemin, sur la route cahotique et completement congestionnee, nous avons deja ete temoins de scenes d'une extreme pauvrete et apercu plusieurs camps de refugies. Apres une soiree de debriefing avec la Dr Clertida Lamothe-Cassamajor, son mari Cassa et leur ami psychologue Robert, nous prenons nos marques et aprivoisons quelques expressions creoles pour etre d'attaque pour le debut de la mission des demain, avec la visite de l'Ecole Mark-Bourque, accessible en 45 mn de marche en montagne, ou nous remettrons aux eleves des livres et du materiel scolaire. Nous y debuterons aussi le projet de cantine scolaire qui perdurera apres notre bref passage ici. Nous avons bien conscience que la tache est enorme, et nous contribuerons de notre mieux pour faire une petite difference aupres des enfants et des familles que nous rencontrerons. Les Haitiens que nous avons rencontres sont d'une chaleur humaine incomparable et, malgre la misere, les sourires sont a tous les coins de rue.
Florence Bourg

2010/11/01

Mesi anpil !


par Florence Bourg

Grâce à la générosité de nombreux donateurs et partenaires, Expé-mission Haïti a réussi, en trois mois, à collecter 55 000 $ ainsi que 30 000 $ en biens matériels!
Expé-mission Haïti, c'est :

> 55 000 CAD$ en dons entre août et octobre (objectif initial : 30 000 $ en trois mois)

> 30 000 CAD$ en biens : matériel scolaire, livres pour enfants, médicaments, produits d'hygiène, (dont 640 trousses d’hygiène), vêtements et chaussures, jouets, 400 ballons de soccer

> 20 participants Québécois et 1 Haïtienne résidente sur place

> 60 partenaires-commanditaires

> 8 activités-bénéfice entre septembre et octobre

Mesi anpil et, pour continuer à nous encourager, suivez nos actions sur le terrain !