2010/12/04

La mission 2e partie, du 10 au 24 novembre 2010

cantine à l'École Mark Bourque, photo F. Bourg

La mission s’est poursuivie avec Robert Lessard, Alex Poudrier et Claude Pelletier qui sont restés à Port-au-Prince jusqu’au 24 novembre. Claude étant architecte et spécialiste en gestion de projets, son mandat était de faire une étude de faisabilité sur la création d’un bassin de récupération d’eau de pluie à l’École Mark Bourque, que nous parrainons. Les résultats de cette étude seront connus dans les prochaines semaines. De plus, il faut repenser la cantine scolaire dont les installations sont désuètes et nocives (actuellement, les cuisinières font à manger au charbon de bois dans un local sans aération (monoxyde de carbone).

Robert a par ailleurs fait des démarches auprès de l’organisme international Food for the Poor pour obtenir une aide alimentaire pour les résidents de la commune de l’école. Projet 2011 : cette fondation nous fournirait poules, coqs, moulée et tout le matériel nécessaire à la construction d’un enclos et d’un bâtiment pour l’élevage de volatiles.

Nous avions aussi pensé à établir un marché de café équitable (café haïtien, délicieux!) avec des partenaires locaux, dans le but de financer l’École Mark Bourque et nous mettrons ce projet à l’essai en 2011.

Une autre visite de camp ICare a aussi été faite et les trois membres de la mission ont évalué les besoins à venir des déplacés de ce camp.

Tous trois sont revenus en forme, comme le reste du groupe, mais éreintés et avec le mal de gorge qui semble accompagner tout visiteur en Haïti, gêné par la poussière de débris ambiante.

photos Claude Pelletier

Ils ont assisté au début des tensions pré-élections.

Une partie de l’équipe de l’Expé-mission se réunit ce dimanche 5 décembre, à la veille du dévoilement des résultats du premier tour des élections présidentielles et législatives en Haïti (prévu le 7 décembre). Compte tenu du contexte difficile et du fait que l’Expé-mission n’est pas une organisation humanitaire internationale, les résultats de la mission ont été au-delà de nos espérances. Les décisions quant à la tournure de la mission n°2 et des projets à long terme seront dévoilées au début de l’année 2011.

Nous vous tiendrons informés ici même de la suite des événements.

Entre-temps, Clertida, médecin pédiatre membre de l’équipe, continue à nous représenter sur le terrain et elle a du pain sur la planche. Véritable médecin de brousse, elle poursuit la mission en notre nom, sa mission, en offrant, entre autres, des visites médicales gratuites à l’Orphelinat du père Lespinasse.

photo Alex Poudrier

Merci encore à tous nos partenaires et donateurs sans qui cette mission n’aurait pu se concrétiser ni avoir autant de succès, et qui continuent actuellement à nous encourager : cela nous donne des ailes. Mèsi anpil!

2010/11/11

Bien rentrés !

Toute l'équipe d'Expé-mission 2010 est bien rentrée d'Haïti* et rassurez-vous, nous ne sommes pas en quarantaine : personne d'entre nous n'a attrapé le choléra, ni la malaria ni aucune turista durant le voyage! Il faut dire que nous avons pris les meilleures précautions, sur les conseils de notre équipe médicale, de "notre" médecin Clertida et de Robert. Comme à l'aller, tous nos bagages sont arrivés à bon port, malgré la cohue totale à l'aéroport de Port-au-Prince.

* sauf Clertida, qui poursuit sa mission au quotidien dans son pays, et Robert, qui pense qu'on veut se débarrasser de lui, le laissant aux prises avec le choléra. Robert poursuit la mission jusqu'au 24 novembre, avec un autre membre de l'équipe qui le rejoindra le 17 novembre, Claude Pelletier.

Tout cela est un miracle en soit, en raison des inquiétudes liées à l'arrivée de l'épidémie de choléra à Port-au-Prince et au passage de l'ouragan Tomas. On revient de loin! Pourtant, pas un seul instant nous ne nous sommes sentis menacés (je crois pouvoir parler au nom de toute l'équipe). Et nous nous sommes sentis en sécurité grâce à l'encadrement de la police d'Haiti et des policiers de la Minustah, à nos côtés lorsque nous en avions besoin. Les mots qui résonnent à nos esprits, une fois rentrés chez nous, sont plutôt : dévouement (notamment du personnel des orphelinats, qui font un travail exceptionnel à salaire moindre), compassion, reconnaissance, générosité, chaleur humaine, solidarité, partage, espoir, sourires... En cela, nous sommes fiers de la réussite de notre mission humanitaire, de notre mission humainitaire.

Sans faire trop de blabla, on ne peut passer sous silence l'immense don de soi de Robert Lessard et de Clertida Lamothe-Cassamajor, nos deux "logisticiens" hors pair, sans nommer toutes leurs autres qualités, leur tendresse et leur sensibilité. Et un immense merci à Katia Bussière, pour ses dons d'organisatrice, de conciliation et d'écoute, et à François-Guy Thivierge, l'allumeur d'étincelles des projets les plus fous. Tous deux ont su rassembler autour de leur projet initial, les membres d'un groupe qui se sont bien complétés. Nous pouvons clamer Mwen Kontre pou yo : mission accomplie!

Bilan des courses, nous avons organisé cinq cliniques médicales dans des orphelinats et des camps de déplacés, parfois dans des conditions très difficiles. Nous avons été témoins d'une misère extrême, souvent indécente. Si nous avons eu du mal à trouver ce qualificatif, ce n'est pas pour rien. Nous avons fourni des kilos de médicaments, livres, matériel scolaire, souliers, vêtements, jouets éducatifs, tenues et ballons de soccer. Ces derniers ont fait fureur. Merci à tous nos partenaires, qu'ils soient commanditaires ou individuels : mèsi anpil.

Grâce aux efforts de chacun et aux nombreux dons, nous avons pu aller distribuer directement 30 000 $ en biens et 55 000 $ en argent. Quelqu'un en mission là-bas et qui nous a vus à l'oeuvre, m'a dit que nous avions fait en une semaine le travail de dix ONG, de par notre action directe et notre efficacité. Ce compliment, et le sourire de tous les gens que nous avons rencontrés, vaut tout l'or du monde.

Le rideau se ferme sur cette première mission, mais tout le groupe a trouvé l'expérience merveilleuse, en dépit ou grâce aux difficultés. La plupart veulent déjà y retourner, après avoir décanté ces moments intenses.
Revenez nous voir, nous ajouterons des photos et vous parlerons de la suite de la mission, car suite il y a!

texte : F. Bourg; photos : Katia Bussière, Caroline Poulin et Florence Bourg

2010/11/10

C'est le départ !

Robert en compagnie de Nathalie et de Wilsa, nos hôtes.

Nous nous apprêtons à rentrer à Montréal, et pouvons crier : mission accomplie! La mission s'est terminée hier avec un beau discours de remerciement de Robert et de Clertida. Merci à tous les deux. Chacun de nous ressort bouleversé, transformé par cette expérience.
L'épidémie de choléra se propage à Port-au-Prince : quelle désolation, souhaitons qu'elle soit contenue au plus vite. Robert demeure ici plusieurs autres jours pour poursuivre la mission.

Surveillez le blogue dans les prochains jours, car nous y ajouterons les détails de la journée d'hier —une autre bouleversante— les nouvelles de nos grimpeurs du Pic La Selle (rassurez-vous : tous sont arrivés sains et saufs de cette ascension, qui n'a cependant pas pu aboutir), ainsi que d'autres descriptions de cette aventure et plein de photos.

Merci pour vos nombreux commentaires!

FB

Un aperçu de notre rituel quotidien...

De retour au bercail, nous apprécions chaque élément "de luxe" de notre quotidien : l'eau courante, l'eau chaude, la cuisine au gaz ou à l'électricité... Voici quelques moments ''exotiques'' de la vie de tous les jours en Haïti...

Ou et comment dort-on? Peut-on se laver? Y a t-il l'électricité? Que mangeons-nous? Comment s'organise la logistique et le transport? Bref, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'Expé-mission, sans jamais oser le demander...

photo Robert Lessard : Simon St-Hilaire prodiguant des conseils de cuisine à ses amies haïtiennes


Se laver : l'eau, un bien précieux
L'équipe loge dans deux maisons. Dans la maison de Belvil, il y a une vraie douche comme chez nous, par contre il n'y a pas d'accès à Internet.

À la maison de Delmas, on se douche à l'eau froide, à l'aide de sceaux. Il faut dire que la chaleur (température ambiante de 38 C) nous fait apprécier une bonne pluie froide sur tout le corps. André, l'un des employés de la maison, prend soin de remplir nos bidons d'eau (en noir sur la photo), et on utilise des sceaux de différentes dimensions pour ''tirer la chasse'' des toilettes, se laver le corps ou les mains.

Étant donné que la poussière et la pollution sont omniprésentes, à part en montagne, se laver prend ici tout une autre dimension et on prend vite goût à ce rituel qui permet d'économiser des litres d'eau.

L'histoire ne dit pas si chacun a conservé ce rituel une fois de retour à la maison...

photo : salle de bain d'une des chambres de filles, que le chanceux Serge Côté a partagé avec Catherine, Manon, Jessica et Florence!






L'électricité : courant alternatif
Lorsqu'on a la chance d'avoir l'électricité en Haïti, le courant est très alternatif! La remise sur pied du réseau après le séisme est un réel défi. Et, même avant le séisme du 12 janvier, le service d'électricité haïtien se résumait à dix heures de courant par jour fourni à environ un quart de la population.

Electricité d’Haïti (ED’H) éprouve de la difficulté à s’approvisionner en carburant et n'arrive pas à fournir à la demande de la clientèle. Il n'est pas rare que l'électricité soit coupée dans plusieurs quartiers pendant plusieurs jours, plongeant des quartiers dans le noir et sans accès à Internet. Pendant la tempête Tomas, la connexion était très lente mais j'ai tout de même pu alimenter ce blogue!

Les génératrices tournent donc durant toute la journée pour pouvoir alimenter les réfrigérateurs et avoir un peu de lumière le soir venu. Dans les camps de déplacés, on voit de nombreuses batteries d'auto attenantes aux tentes pour pouvoir avoir quelques heures d'éclairage.





Dormir et cuisiner : un privilège pour nous, même avec le chant du coq à 3 h du matin
Chez les hôtes de la maison de Belvil, Ketline et Thomas, nous avons pu nous régaler avec des spécialités haïtiennes plus délicieuses les unes que les autres. Les membres de la mission dorment soit dans une tente plantée dans le jardin, soit dans une chambre dans la maison (pas d'air climatisé mais des ventilateurs), soit sur un matelas de sol par terre. Cela ressemble à ça aussi dans la maison de Delmas, sauf que nous n'avons pas dormi dehors car il y a plus de chambres. Chapeau à Serge D. et à Marie-Josée qui ont dormi sous la tente toutes les nuits, même la nuit du passage de la tempête tropicale Tomas (Marie-Josée a quand même fait une petite incursion à l'intérieur cette nuit-là). Très vite, ils ne pouvaient plus se passer de leur ami le coq, dont l'horloge biologique était parfois un peu déréglée...

C'est Valérie qui s'occupe de la logistique de l'épicerie pour tout le groupe, pour ce qui est des petits déjeuners, de l'eau embouteillée et des soupers. Pour les dîners, à chacun de s'organiser, et nous avions apporté pour cela une cargaison de collations made in Quebec. Seule exception, mardi midi nous sommes allés manger un ''plat santé que l'on mange vite dans un resto rapide'', chez Épi d'Or, qui faisait aussi d'excellentes crêpes et crèmes glacées.

Avec l'aide de leurs employés, nos hôtes de la maison de Delmas, Wilsa et Nathalie, nous ont concocté d'excellents petits déjeuners à base d'omelette, saucisses, toasts au beurre de cacahuète, eh oui! Certains d'entre nous ont adoré l'odeur de la morue (poisson) à 8 h du matin. N'est-ce pas Nathalie et Robert, un peu de morue trempée dans le café le matin? Rien de mieux pour affronter une dure journée dans les rues de Port-au-Prince!






Le soir, les plats varient entre boulettes de viande ou de poisson, chitay (met épicé à base de chou, carottes et piment), avocats, accras de morue et mirliton farci (photo ci-contre).










Partout ailleurs au pays, la cuisine se fait au charbon de bois. Nous sommes bien conscients que nous avons vécu dans des conditions privilégiées pour mener cette mission à bien...

Voici l'endroit ou les employés de la maison dorment
et celui on l'on fait sécher le linge (on aperçoit au fond la génératrice qui fait fonctionner l'électricité dans la maison).














texte et photos F. Bourg

2010/11/09

Camp iCare en photos — lundi 8 novembre 2010

Photos : Katia Bussière et Florence Bourg

La distribution des trousses d'hygiène a failli mal tourner...
photo KB

Catherine se fait plein d'amis parmi les enfants!
photo FB

Nathalie Cliche, infirmière de terrain discrète et Ô combien efficace, en plus d'avoir une touche d'humour incomparable!
photo KB

Caroline Poulin et l'interprète Nadine, avec un père de famille qui tient sa petite fille malade / photo KB

Manon et Caroline à la clinique "de brousse" / photo KB
Pour Manon, c'est ici que le mot FAIM prend tout son sens.

Les bassines préparées contenant les trousses d'hygiène / photo KB

La Dre Clertida (Claire) a donné de son temps en dehors de sa propre clinique médicale pour venir aider l'Expé-mission. Elle vient d'ausculter ce garçon qui a reçu un jouet / photo KB

Simon et Serge donnent un coup de main dans les travaux de reconstruction de la route devant le Camp / photo FB

Catherine et Florence ont improvisé une partie de soccer avec les enfants, en compagnie d'un des résidents du Camp, Venel Cetoute, converti en entraîneur pour l'occasion, et pour les jours à venir... Ils nous ont promis de s'entraîner fort en vue d'une rencontre Canada-Haïti l'an prochain / photo FB

Ici, imaginez-vous que ce sont les souliers des enfants du Camp iCare parmi les plus beaux : de nombreux autres enfants marchent avec des sandales complètement finies, quand ils en ont / photo FB

photos : tous droits réservés

2010/11/08

Lundi 8 novembre — Jour 6 : visite du Camp iCare (je prends soin) de Port-au-Prince

Même si nous pouvions nous y attendre depuis des mois que nous préparons cette mission, la journée d'aujourd'hui a été notre point culminant sur le plan émotionnel. C'est impossible à traduire, et chacun de nous expliquera ce qu'il a ressenti à son entourage!

Une partie du groupe est allée au camp iCare dans le secteur Lalue de Port-au-Prince, qui abrite 600 familles et 4 000 personnes. Nous y avons installé une clinique médicale juste à l'entrée du camp, avec deux médecins, dont Clertida Lamothe-Cassamajor, que nous avons appris à connaître au cours de la semaine et qui est vraiment une femme extraordinaire. Comme la veille, les patients souffrent de malnutrition, de problèmes de parasites et de peau, de carence en fer et d'infections de toutes sortes.

Les instructions pour la médication ont été facilitées grâce à l'aide d'une interprète présente sur place, Nadine, car les Haïtiens ne comprennent pas encore le Beauceron et l'accent de Caroline Poulin ;-) Environ 150 personnes, femmes et enfants, ont été examinées jusqu'à la nuit tombante. Le comble c'est que du coup, c'est le personnel médical, qui a travaillé tout l'après-midi sans relâche et sous la chaleur, qui était déshydraté. Une fois la clinique médicale terminée, nous avons distribué 600 bassines (cuvettes) contenant des ensembles d'hygiène, qui avaient été préparées dans les jours précédents par dix Haïtiennes que nous avions engagées. L'Expé-mission a déboursé 6 000 US$ pour cela. Malgré ce beau geste, la distribution ne s'est pas faite sans heurt, les familles se bousculant à l'entrée de la clinique pour être sûres d'obtenir une des bassines. Les six policiers de la Police nationale d'Haïti (PNH) qui nous accompagnaient ont dû intervenir à plusieurs reprises pour contenir la foule. La tension est montée, et quelques hommes forts de l'Expé-mission ont joué aux gardiens de sécurité (merci à Serge, Robert et Simon!)

Certains membres de la mission ont été visiter l'intérieur du camp, accompagnés d'un responsable. Ce camp est divisé en blocs (''quartiers'') avec des cabanes en tôle d'à peine 8 pieds carrés. Les conditions d'insalubrité dépassent ce que l'on pouvait imaginer, avec une odeur nauséabonde et les ordures qui jonchent le sol. Malgré cette misère indicible — car même les photos ne peuvent la retranscrire — les enfants sautaient de joie à notre vue et nous manifesté beaucoup d'affection en nous tenant par la main dans tous nos déplacements. Cela nous réchauffe le coeur. Tout ce que nous vivons ici est une bonne leçon de positivisme envers la vie et d'humilité. En dépit du paysage décrit, les Haïtiens demeurent en tout temps pacifiques à notre égard. Petits et grands sont curieux et avides d'engager la discussion avec nous.

Le reste du groupe est parti ce matin pour l'ascension du pic La Selle, point culminant d'Haiti. Cette équipée est composée de Catherine Brulotte, Patricia Rancourt, Marie-Josée Normand, Serge Dessureault, Alex Poudrier, Jean-Pierre Danvoye, François-Guy Thivierge et David Chamberland. Nous avons eu des nouvelles d'eux aux alentours de 20 h et ils s'apprêtaient à dormir pour partir tôt dans la nuit et seront de retour à Port-au-Prince dans la journée de mardi.

Demain, mardi, étant donné que tout ce qui est au programme de la mission a été achevé avec une journée d'avance, nous nous offrons une journée de repos pour visiter Port-au-Prince. Nous concluerons la mission par un souper au restaurant tous ensemble, avec des amis croisés au cours de la semaine. Dommage qu'on ne puisse pas inviter tous les ti-mouns (enfants) qui ont ''grangou'' (faim), mais nous sommes fiers de ce que nous avons accompli en si peu que six jours sur le terrain. Et l'énergie qui passe entre nous est très forte et touchante aussi.

Texte : Caroline Poulin, Katia Bussière et Florence Bourg

MESI ANPIL à tous pour vos messages! Désolés si nous n'avions pas eu le temps de les approuver/publier avant, mais ça nous réchauffe le coeur de les lire, car nous nous disions justement qu'on n'avait aucun commentaire!! C'est bienvenu surtout en cette journée très éprouvante, plusieurs d'entre nous ont eu le coeur complètement chamboulé.

Jour 5 : vie communautaire à la messe de l'Église du Sacré-Coeur et 2e visite à l'École Mark-Bourque

Une jolie petite paroissienne traverse les ruines de l'Église du Sacré-Coeur
Photo Jean-Pierre Danvoye (tous droits réservés)

L'espoir renaît sur les ruines sous la forme d'une superbe fleur d'Hibiscus
Photo Caroline Poulin (tous droits réservés)

Photo Caroline Poulin (tous droits réservés)


Photo Caroline Poulin (tous droits réservés)


Photo Jean-Pierre Danvoye (tous droits réservés)

Dimanche 6 novembre, nous avons eu le privilège d'aller à la messe donnée à l'Église Sacré-Coeur, dans le quartier Turgeau.


Pour commencer la journée, nos hôtes Wilsa et Nathalie nous ont fait goûter au met dominical traditionnel, préparé avec amour : la soupe giraumon. Un vrai délice !

Puis, nous avons eu l'occasion d'assister (et de participer !) à la messe à l'Église Sacré-Coeur, ou plutôt ce qu'il en reste, c'est-à-dire absolument des ruines : la célébration se déroule en fait sous la tente Sacré-Coeur, au beau milieu des restes de l'édifice. Voir des images de l'église avant le séisme ici et


Quel contraste de voir les Haïtiens en costume du dimanche, levant le pied pour franchir les obstacles des amas de débris, pierres, morceaux de vitraux, etc. Environ douze ministres de la communion, qui étaient en réunion quand le tremblement de terre s'est fait ressentir, ont péri ici le 12 janvier. Robert Lessard avait composé un poème (intitulé Hispaniola, Ayiti, Haïti), écrit trois semaines après le séisme, que nous avons lu devant une assemblée aussi émue que nous. L'amour, la paix et la solidarité étaient palpables.


Ensuite, nous nous sommes dirigés vers l'École Mark-Bourque, pour notre deuxième visite de la semaine à cet établissement que nous parrainons. Nous y avons installé une clinique et notre équipe médicale, composée de Caroline Poulin (ex-inhalothérapeute), de l'infirmière Nathalie Cliche, assistées de Katia ont dispensé des soins à une centaine d'enfants. Les soins données sont des traitements de base, qui s'apparentent à la médecine de brousse mais soulagent grandement les enfants : toux, pansement de plaies, traitement de parasites, etc. Des jeux éducatifs ont été distribués aux élèves, avec atelier de pâte à modeler à l'appui puisque les enfants n'avaient aucune idée de la façon d'en faire. En après-midi, l'équipe est redescendue de la montagne qui abrite l'école, croisant caféiers, flamboyants et papyrus. Le retour fût assez périlleux, encore uns fois sous la pluie et sur un terrain très glissant. Nathalie Cliche a improvisé une clinique de brousse en chemin, rencontrant quelques personnes malades au bord du sentier.

Demain, une partie du groupe se dirigera vers le pic La Selle, sommet du pays, pour en faire une ascension symbolique en l'honneur de l'Expé-mission.

Texte : Florence Bourg
Photos : Jean-Pierre Danvoye et Caroline Poulin

2010/11/07

Jour 4 — Hôpital général de Port-au-Prince, Orphelinat du père Lespinasse et Camp Gymnasium-Vincent

Visite de l'Hôpital général de Port-au-Prince, de l'Orphelinat du père
Lespinasse et du Camp Gymnasium-Vincent
journée chargée et éprouvante

Dans l'autobus, Robert Lessard (photo) nous fait un debriefing avant chaque visite de site.

Hôpital général de Port-au-Prince
Nous sommes allés en matinée visiter l'Hôpital général de Port-au-Prince, en majorité détruit par le séisme du 12 janvier. Nous avons visité les services de pédiatrie et les urgences. Notre équipe médicale, composée de la médecin Clertida Lamothe-Cassamajor, de Caroline Poulin (ex-inhalothérapeute), de la représentante pharmaceutique Manon Poitras et de l'infirmière Nathalie Cliche, ont fait l'état des lieux et l'inventaire des besoins avec les médecins. Elles ont été témoin de nombreux cas de déshydratation, malnutrition, fièvre, problèmes rénaux non traités, tumeurs, etc.

La situation est désolante : une partie de l'hôpital, détruite lors du séisme, a été relocalisée dans des cabanes en bois mal ventilées et surchauffées. Il n'y a pas d'infirmière pour s'occuper de changer les poches de soluté, celles-ci se vident et les tubulures finissent par se remplir de sang. Du côté de la maternité, l'hôpital n'a rien à voir avec nos hôpitaux québécois. Les salles et couloirs ne sont pas propres, poussiéreux, fissurés et mal équipés. Il y a peu de personnel compétent, témoigne Caroline Poulin, et l'hygiène de base est peu respectée : le personnel médical ne porte ni masque ni gant, sauf pour les prématurés.

Ensuite, nous nous sommes rendus au 2e Orphelinat du père Lespinasse, dans le secteur Turgeau. Cet orphelinat est dirigé par Rolande Lafontain. C'est sa mère, une octogénaire pleine d'énergie, qui nous a reçus et raconté en détails la façon dont elle a vécu le séisme et comment le père Lespinasse a finalement été retrouvé sous les décombres d'un autre bâtiment. Cette fois, nous y avons
rencontré les enfants plus âgés : de 8 à 18 ans. Ils ont été comblés par les vêtements, ballons, souliers et tenues de soccer, sandales, jeux éducatifs et livres que nous leur avons apportés au nom de tous nos donateurs.

Robert et Clertida nous ont ensuite fait la surprise de nous organiser une halte dans un petit kiosque pour un goûter typique à base d'accras de boeuf et de morue. Beau petit moment de décompression ! Robert et Patricia ont même esquissé quelques pas de zouk dans la rue : la chanson de Kassav, "Zouk la sé sèl médikaman nou ni" (le zouk, c'est le médicament qu'il nous faut), n'a jamais été autant d'actualité.


Camp Gymnasium- Vincent dans le quartier Bas-peu-de-chose
Eh oui, vous avez bien lu : il ne s'agit pas de Pas-peu-de-chose!C'est notre amie Jessica qui nous l'a confirmé. Grâce à Robert Lessard, qui l'a prise sous son aile, cette pétillante Haïtienne prépare maintenant sa médecine, sur les traces de Clertida.

Nous sommes arrivés en début d'après-midi dans ce camp nommé Gymnasium, car situé vis-à-vis du Gymnasium Vincent. Entassées les unes sur les autres, plus de 40 familles y résident (le responsable du camp, apparemment dépassé, n'en connaît pas le chiffre exact). Clertida, assistée de Nathalie, Manon et Caroline, y ont soigné particulièrement femmes et enfants. Elles ont dispensé des traitements de grippe, vaginite, ulcères gastriques, vermifuges, beaucoup d'anémies, surtout chez les femmes. Elles ont également donné des suppléments vitaminiques et alimentaires. Pendant ce temps, nous avons fait la distribution de jouets, jeux éducatifs et ballons de soccer. Nous y passeront trois heures, le temps de donner les soins et médicaments à tous.

Pour la première fois, notre équipe a senti une pression importante lors de la distribution des biens, qui a failli mal tourner. Les familles ont com
mencé à se bousculer pour arriver en premier, le tout dans une chaleur éprouvante. Mais, grâce aux conseils et à l'intervention d'une mère de famille du camp, Martine, une femme admirable, tout s'est finalement déroulé dans l'ordre. Nous étions loin de nous douter que les ballons de soccer auraient un tel succès : ils ont fait le bonheur de dizaines d'enfants (et d'adultes), qui ont été jouer immédiatement après dans le gymnase couvert (enfin en partie, car les infiltrations d'eau y sont nombreuses).

Photo F. Bourg / Camp Gymnasium : système-D pour faire sécher le linge

Le groupe est passé faire des courses au supermarché : cela a été un face-à-face avec les étiquettes de prix, témoignant que le coût de la vie est très élevé ici, même pour les plus démunis. Puis, retour aux maisons de Delmas et de Belvil pour un souper communautaire.

Quelques mets haïtiens que nous avons goûté depuis notre arrivée :
bananes séchées vendues dans la rue,
soupe giraumon, croquettes d'arbre véritable, griot de porc, tassot de boeuf, riz aux fèves rouges. Ce sont des plats maison : merci à nos hôtes !!!

Parmi les différentes sortes de bananes en Haïti : banane plantain ou figue-banane, figue Ti-Malice, Banane grosse botte, banane pugnac (photo)
banane musquée (photo)

texte et photos : Florence Bourg