2010/11/09

Camp iCare en photos — lundi 8 novembre 2010

Photos : Katia Bussière et Florence Bourg

La distribution des trousses d'hygiène a failli mal tourner...
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Catherine se fait plein d'amis parmi les enfants!
photo FB

Nathalie Cliche, infirmière de terrain discrète et Ô combien efficace, en plus d'avoir une touche d'humour incomparable!
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Caroline Poulin et l'interprète Nadine, avec un père de famille qui tient sa petite fille malade / photo KB

Manon et Caroline à la clinique "de brousse" / photo KB
Pour Manon, c'est ici que le mot FAIM prend tout son sens.

Les bassines préparées contenant les trousses d'hygiène / photo KB

La Dre Clertida (Claire) a donné de son temps en dehors de sa propre clinique médicale pour venir aider l'Expé-mission. Elle vient d'ausculter ce garçon qui a reçu un jouet / photo KB

Simon et Serge donnent un coup de main dans les travaux de reconstruction de la route devant le Camp / photo FB

Catherine et Florence ont improvisé une partie de soccer avec les enfants, en compagnie d'un des résidents du Camp, Venel Cetoute, converti en entraîneur pour l'occasion, et pour les jours à venir... Ils nous ont promis de s'entraîner fort en vue d'une rencontre Canada-Haïti l'an prochain / photo FB

Ici, imaginez-vous que ce sont les souliers des enfants du Camp iCare parmi les plus beaux : de nombreux autres enfants marchent avec des sandales complètement finies, quand ils en ont / photo FB

photos : tous droits réservés

2010/11/08

Lundi 8 novembre — Jour 6 : visite du Camp iCare (je prends soin) de Port-au-Prince

Même si nous pouvions nous y attendre depuis des mois que nous préparons cette mission, la journée d'aujourd'hui a été notre point culminant sur le plan émotionnel. C'est impossible à traduire, et chacun de nous expliquera ce qu'il a ressenti à son entourage!

Une partie du groupe est allée au camp iCare dans le secteur Lalue de Port-au-Prince, qui abrite 600 familles et 4 000 personnes. Nous y avons installé une clinique médicale juste à l'entrée du camp, avec deux médecins, dont Clertida Lamothe-Cassamajor, que nous avons appris à connaître au cours de la semaine et qui est vraiment une femme extraordinaire. Comme la veille, les patients souffrent de malnutrition, de problèmes de parasites et de peau, de carence en fer et d'infections de toutes sortes.

Les instructions pour la médication ont été facilitées grâce à l'aide d'une interprète présente sur place, Nadine, car les Haïtiens ne comprennent pas encore le Beauceron et l'accent de Caroline Poulin ;-) Environ 150 personnes, femmes et enfants, ont été examinées jusqu'à la nuit tombante. Le comble c'est que du coup, c'est le personnel médical, qui a travaillé tout l'après-midi sans relâche et sous la chaleur, qui était déshydraté. Une fois la clinique médicale terminée, nous avons distribué 600 bassines (cuvettes) contenant des ensembles d'hygiène, qui avaient été préparées dans les jours précédents par dix Haïtiennes que nous avions engagées. L'Expé-mission a déboursé 6 000 US$ pour cela. Malgré ce beau geste, la distribution ne s'est pas faite sans heurt, les familles se bousculant à l'entrée de la clinique pour être sûres d'obtenir une des bassines. Les six policiers de la Police nationale d'Haïti (PNH) qui nous accompagnaient ont dû intervenir à plusieurs reprises pour contenir la foule. La tension est montée, et quelques hommes forts de l'Expé-mission ont joué aux gardiens de sécurité (merci à Serge, Robert et Simon!)

Certains membres de la mission ont été visiter l'intérieur du camp, accompagnés d'un responsable. Ce camp est divisé en blocs (''quartiers'') avec des cabanes en tôle d'à peine 8 pieds carrés. Les conditions d'insalubrité dépassent ce que l'on pouvait imaginer, avec une odeur nauséabonde et les ordures qui jonchent le sol. Malgré cette misère indicible — car même les photos ne peuvent la retranscrire — les enfants sautaient de joie à notre vue et nous manifesté beaucoup d'affection en nous tenant par la main dans tous nos déplacements. Cela nous réchauffe le coeur. Tout ce que nous vivons ici est une bonne leçon de positivisme envers la vie et d'humilité. En dépit du paysage décrit, les Haïtiens demeurent en tout temps pacifiques à notre égard. Petits et grands sont curieux et avides d'engager la discussion avec nous.

Le reste du groupe est parti ce matin pour l'ascension du pic La Selle, point culminant d'Haiti. Cette équipée est composée de Catherine Brulotte, Patricia Rancourt, Marie-Josée Normand, Serge Dessureault, Alex Poudrier, Jean-Pierre Danvoye, François-Guy Thivierge et David Chamberland. Nous avons eu des nouvelles d'eux aux alentours de 20 h et ils s'apprêtaient à dormir pour partir tôt dans la nuit et seront de retour à Port-au-Prince dans la journée de mardi.

Demain, mardi, étant donné que tout ce qui est au programme de la mission a été achevé avec une journée d'avance, nous nous offrons une journée de repos pour visiter Port-au-Prince. Nous concluerons la mission par un souper au restaurant tous ensemble, avec des amis croisés au cours de la semaine. Dommage qu'on ne puisse pas inviter tous les ti-mouns (enfants) qui ont ''grangou'' (faim), mais nous sommes fiers de ce que nous avons accompli en si peu que six jours sur le terrain. Et l'énergie qui passe entre nous est très forte et touchante aussi.

Texte : Caroline Poulin, Katia Bussière et Florence Bourg

MESI ANPIL à tous pour vos messages! Désolés si nous n'avions pas eu le temps de les approuver/publier avant, mais ça nous réchauffe le coeur de les lire, car nous nous disions justement qu'on n'avait aucun commentaire!! C'est bienvenu surtout en cette journée très éprouvante, plusieurs d'entre nous ont eu le coeur complètement chamboulé.

Jour 5 : vie communautaire à la messe de l'Église du Sacré-Coeur et 2e visite à l'École Mark-Bourque

Une jolie petite paroissienne traverse les ruines de l'Église du Sacré-Coeur
Photo Jean-Pierre Danvoye (tous droits réservés)

L'espoir renaît sur les ruines sous la forme d'une superbe fleur d'Hibiscus
Photo Caroline Poulin (tous droits réservés)

Photo Caroline Poulin (tous droits réservés)


Photo Caroline Poulin (tous droits réservés)


Photo Jean-Pierre Danvoye (tous droits réservés)

Dimanche 6 novembre, nous avons eu le privilège d'aller à la messe donnée à l'Église Sacré-Coeur, dans le quartier Turgeau.


Pour commencer la journée, nos hôtes Wilsa et Nathalie nous ont fait goûter au met dominical traditionnel, préparé avec amour : la soupe giraumon. Un vrai délice !

Puis, nous avons eu l'occasion d'assister (et de participer !) à la messe à l'Église Sacré-Coeur, ou plutôt ce qu'il en reste, c'est-à-dire absolument des ruines : la célébration se déroule en fait sous la tente Sacré-Coeur, au beau milieu des restes de l'édifice. Voir des images de l'église avant le séisme ici et


Quel contraste de voir les Haïtiens en costume du dimanche, levant le pied pour franchir les obstacles des amas de débris, pierres, morceaux de vitraux, etc. Environ douze ministres de la communion, qui étaient en réunion quand le tremblement de terre s'est fait ressentir, ont péri ici le 12 janvier. Robert Lessard avait composé un poème (intitulé Hispaniola, Ayiti, Haïti), écrit trois semaines après le séisme, que nous avons lu devant une assemblée aussi émue que nous. L'amour, la paix et la solidarité étaient palpables.


Ensuite, nous nous sommes dirigés vers l'École Mark-Bourque, pour notre deuxième visite de la semaine à cet établissement que nous parrainons. Nous y avons installé une clinique et notre équipe médicale, composée de Caroline Poulin (ex-inhalothérapeute), de l'infirmière Nathalie Cliche, assistées de Katia ont dispensé des soins à une centaine d'enfants. Les soins données sont des traitements de base, qui s'apparentent à la médecine de brousse mais soulagent grandement les enfants : toux, pansement de plaies, traitement de parasites, etc. Des jeux éducatifs ont été distribués aux élèves, avec atelier de pâte à modeler à l'appui puisque les enfants n'avaient aucune idée de la façon d'en faire. En après-midi, l'équipe est redescendue de la montagne qui abrite l'école, croisant caféiers, flamboyants et papyrus. Le retour fût assez périlleux, encore uns fois sous la pluie et sur un terrain très glissant. Nathalie Cliche a improvisé une clinique de brousse en chemin, rencontrant quelques personnes malades au bord du sentier.

Demain, une partie du groupe se dirigera vers le pic La Selle, sommet du pays, pour en faire une ascension symbolique en l'honneur de l'Expé-mission.

Texte : Florence Bourg
Photos : Jean-Pierre Danvoye et Caroline Poulin

2010/11/07

Jour 4 — Hôpital général de Port-au-Prince, Orphelinat du père Lespinasse et Camp Gymnasium-Vincent

Visite de l'Hôpital général de Port-au-Prince, de l'Orphelinat du père
Lespinasse et du Camp Gymnasium-Vincent
journée chargée et éprouvante

Dans l'autobus, Robert Lessard (photo) nous fait un debriefing avant chaque visite de site.

Hôpital général de Port-au-Prince
Nous sommes allés en matinée visiter l'Hôpital général de Port-au-Prince, en majorité détruit par le séisme du 12 janvier. Nous avons visité les services de pédiatrie et les urgences. Notre équipe médicale, composée de la médecin Clertida Lamothe-Cassamajor, de Caroline Poulin (ex-inhalothérapeute), de la représentante pharmaceutique Manon Poitras et de l'infirmière Nathalie Cliche, ont fait l'état des lieux et l'inventaire des besoins avec les médecins. Elles ont été témoin de nombreux cas de déshydratation, malnutrition, fièvre, problèmes rénaux non traités, tumeurs, etc.

La situation est désolante : une partie de l'hôpital, détruite lors du séisme, a été relocalisée dans des cabanes en bois mal ventilées et surchauffées. Il n'y a pas d'infirmière pour s'occuper de changer les poches de soluté, celles-ci se vident et les tubulures finissent par se remplir de sang. Du côté de la maternité, l'hôpital n'a rien à voir avec nos hôpitaux québécois. Les salles et couloirs ne sont pas propres, poussiéreux, fissurés et mal équipés. Il y a peu de personnel compétent, témoigne Caroline Poulin, et l'hygiène de base est peu respectée : le personnel médical ne porte ni masque ni gant, sauf pour les prématurés.

Ensuite, nous nous sommes rendus au 2e Orphelinat du père Lespinasse, dans le secteur Turgeau. Cet orphelinat est dirigé par Rolande Lafontain. C'est sa mère, une octogénaire pleine d'énergie, qui nous a reçus et raconté en détails la façon dont elle a vécu le séisme et comment le père Lespinasse a finalement été retrouvé sous les décombres d'un autre bâtiment. Cette fois, nous y avons
rencontré les enfants plus âgés : de 8 à 18 ans. Ils ont été comblés par les vêtements, ballons, souliers et tenues de soccer, sandales, jeux éducatifs et livres que nous leur avons apportés au nom de tous nos donateurs.

Robert et Clertida nous ont ensuite fait la surprise de nous organiser une halte dans un petit kiosque pour un goûter typique à base d'accras de boeuf et de morue. Beau petit moment de décompression ! Robert et Patricia ont même esquissé quelques pas de zouk dans la rue : la chanson de Kassav, "Zouk la sé sèl médikaman nou ni" (le zouk, c'est le médicament qu'il nous faut), n'a jamais été autant d'actualité.


Camp Gymnasium- Vincent dans le quartier Bas-peu-de-chose
Eh oui, vous avez bien lu : il ne s'agit pas de Pas-peu-de-chose!C'est notre amie Jessica qui nous l'a confirmé. Grâce à Robert Lessard, qui l'a prise sous son aile, cette pétillante Haïtienne prépare maintenant sa médecine, sur les traces de Clertida.

Nous sommes arrivés en début d'après-midi dans ce camp nommé Gymnasium, car situé vis-à-vis du Gymnasium Vincent. Entassées les unes sur les autres, plus de 40 familles y résident (le responsable du camp, apparemment dépassé, n'en connaît pas le chiffre exact). Clertida, assistée de Nathalie, Manon et Caroline, y ont soigné particulièrement femmes et enfants. Elles ont dispensé des traitements de grippe, vaginite, ulcères gastriques, vermifuges, beaucoup d'anémies, surtout chez les femmes. Elles ont également donné des suppléments vitaminiques et alimentaires. Pendant ce temps, nous avons fait la distribution de jouets, jeux éducatifs et ballons de soccer. Nous y passeront trois heures, le temps de donner les soins et médicaments à tous.

Pour la première fois, notre équipe a senti une pression importante lors de la distribution des biens, qui a failli mal tourner. Les familles ont com
mencé à se bousculer pour arriver en premier, le tout dans une chaleur éprouvante. Mais, grâce aux conseils et à l'intervention d'une mère de famille du camp, Martine, une femme admirable, tout s'est finalement déroulé dans l'ordre. Nous étions loin de nous douter que les ballons de soccer auraient un tel succès : ils ont fait le bonheur de dizaines d'enfants (et d'adultes), qui ont été jouer immédiatement après dans le gymnase couvert (enfin en partie, car les infiltrations d'eau y sont nombreuses).

Photo F. Bourg / Camp Gymnasium : système-D pour faire sécher le linge

Le groupe est passé faire des courses au supermarché : cela a été un face-à-face avec les étiquettes de prix, témoignant que le coût de la vie est très élevé ici, même pour les plus démunis. Puis, retour aux maisons de Delmas et de Belvil pour un souper communautaire.

Quelques mets haïtiens que nous avons goûté depuis notre arrivée :
bananes séchées vendues dans la rue,
soupe giraumon, croquettes d'arbre véritable, griot de porc, tassot de boeuf, riz aux fèves rouges. Ce sont des plats maison : merci à nos hôtes !!!

Parmi les différentes sortes de bananes en Haïti : banane plantain ou figue-banane, figue Ti-Malice, Banane grosse botte, banane pugnac (photo)
banane musquée (photo)

texte et photos : Florence Bourg

L'Expé-mission en photos par Jean-Pierre Danvoye

Jacques à l'Orphelinat du père Lespinasse


Le petit Enrico avec Alex


Distribution de livres et de matériel scolaire à l'École Mark-Bourque

Serge Côté en animateur pour enfants : chants et danse au programme!


La plupart des enfants ne se sont jamais vus en photo, ils raffolent de voir leur image sur le petit écran numérique...

Orphelinat du père Lespinasse

2010/11/05

Jour 3 : visite des orphelinats du père Lespinasse et de celui de Jacqueline Lessard, Espoir d'enfants

Notre journée en images...

En route vers les orphelinats après avoir été confinés dans nos maisons.

Les effets de la tempête tropicale Tomas : rues inondées et crue des eaux. Nous n'en avons pas souffert dans notre secteur, les vents et la pluie n'étaient pas si intenses et nous avons même pu sortir de nos maisons vendredi après-midi.

Camp de déplacés en direction de Croix-des-Bouquets.

Visite de deux orphelinats, tous deux situés à Croix-des-Bouquets, près de Port-au-Prince en Haïti :
L'Orphelinat du père Lespinasse

L'orphelinat Espoir d'enfants, fondé par Jacqueline Lessard et dirigé par Étienne Bruny : une grande complicité.

L'une des salles de classe

Pas facile de croquer sur le vif notre photographe officiel ! Jean-Pierre Danvoye, son petit protégé du moment et Jacqueline Lessard.



C'était jour d'anniversaire aujourd'hui !



















Dix ans pour ce grand garçon entouré de ses amis.

texte et photos : Florence Bourg